Pansements, injections, surveillance d’un traitement, aide à la prise de médicaments : pour beaucoup de retraités, le passage de l’infirmière ou de l’infirmier à domicile fait partie du quotidien. En novembre 2026, le tarif de base de ces actes augmente pour la première fois depuis longtemps. Ce qui change pour la facture, la part de la Sécurité sociale et celle de la mutuelle.
Plan de l'article
Une hausse de 20 centimes de la lettre clé AMI #
Les actes infirmiers sont facturés à partir d’une « lettre clé », l’AMI, multipliée par un coefficient qui dépend de l’acte. C’est la valeur de cette lettre qui est revalorisée. L’avenant n° 11 à la convention nationale des infirmiers libéraux, signé le 31 mars 2026 et approuvé par un arrêté du 5 mai 2026 publié au Journal officiel, prévoit que les lettres clés AMI et AMX « prendront la valeur de 3,35 € », puis « la valeur de 3,45 € à compter du 1er novembre 2027 ».
L’Assurance maladie résume la mesure sur son site destiné aux infirmiers : « une revalorisation de la lettre clé AMI de 9,5 %, en 2 étapes : une première hausse de 20 centimes dès novembre 2026, puis une seconde de 10 centimes en 2027 ».
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Pourquoi pas une date précise
Le texte ne fixe pas de jour exact pour la première étape. Il renvoie au délai de six mois prévu par le Code de la sécurité sociale pour toute revalorisation conventionnelle, compté à partir de l’entrée en vigueur de l’avenant, intervenue le 6 mai 2026 selon la page de l’Assurance maladie consacrée aux avenants. La hausse s’applique donc dans le courant du mois de novembre, et non nécessairement au 1er.
Ce que cela représente pour un patient retraité #
La hausse paraît modeste à l’unité, mais elle s’applique à chaque acte, multipliée par son coefficient. Pour une personne qui reçoit des soins infirmiers quotidiens, parfois plusieurs fois par jour, l’effet se cumule sur le mois.
L’avenant prévoit aussi, selon l’Assurance maladie, une hausse de 11 % de la rémunération « pour la prise en charge des patients les plus dépendants et les situations les plus complexes », via une majoration spécifique. D’autres mesures du texte, notamment sur la surveillance des patients, ne s’appliqueront qu’en 2028.
Sécurité sociale, mutuelle : qui paie la hausse #
Comme pour les autres soins, l’Assurance maladie rembourse une partie du tarif conventionnel ; le reste, appelé ticket modérateur, est à la charge du patient ou de sa complémentaire santé. Une hausse du tarif augmente donc à la fois la part de la Sécurité sociale et le ticket modérateur.
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Pour la grande majorité des retraités couverts par une mutuelle, ce supplément est absorbé par le contrat : le ticket modérateur des soins infirmiers fait partie des garanties de base des complémentaires responsables. La hausse ne devrait donc pas se voir directement sur le reste à charge, mais elle pèse sur les dépenses des complémentaires, et donc, à terme, sur l’évolution des cotisations.
Les patients en affection de longue durée, nombreux parmi les plus âgés, sont dans une situation différente pour les soins liés à leur maladie, pris en charge intégralement par l’Assurance maladie dans le cadre du protocole de soins. Pour eux, la revalorisation est neutre sur ces actes.
Les retraités sans complémentaire en première ligne
Ceux qui n’ont pas de mutuelle, ou un contrat très bas de gamme, paient eux-mêmes le ticket modérateur. Ce sont eux qui ressentiront la hausse, acte après acte. Pour les revenus modestes, la Complémentaire santé solidaire reste une option à vérifier, puisqu’elle couvre le ticket modérateur sur les soins remboursables.
Les bons réflexes avant la fin de l’année #
Novembre est aussi la période où les complémentaires envoient leurs avis d’échéance pour l’année suivante. C’est le bon moment pour relire son tableau de garanties sur la ligne « auxiliaires médicaux » ou « soins infirmiers », vérifier que le remboursement est exprimé en pourcentage de la base de remboursement, et comparer le niveau de cotisation avec les offres concurrentes.
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Pour les personnes qui ont besoin de soins réguliers à domicile, il est utile de demander à son infirmier un récapitulatif des actes facturés sur un mois type. Cela permet de mesurer ce qui reste réellement à sa charge et de choisir une formule de mutuelle adaptée, sans payer pour des garanties superflues.
La seconde étape, à 3,45 € le 1er novembre 2027, est déjà inscrite dans le texte : mieux vaut l’intégrer dès maintenant dans son budget santé.




