Changer de mutuelle à la retraite fait gagner de l’argent, mais la plupart des seniors ne le font pas. C’est la conclusion du premier baromètre publié en septembre par le Groupe Hueber Assurances, un courtier installé à Tarbes. Il a étudié les demandes de devis reçues pendant l’été 2026. Son constat : l’âge pèse plus que le prix dans la décision de changer de contrat.
Plan de l'article
Un baromètre construit sur un été de demandes #
L’étude porte sur 26 953 demandes et 1 947 contrats souscrits entre le 22 juillet et le 14 août 2026, selon Le Journal de l’Économie, qui a présenté le baromètre le 24 septembre. Le courtier compte comme seniors les personnes de 55 ans et plus, en majorité retraitées.
Il faut lire ces chiffres pour ce qu’ils sont : des données internes à un courtier. Elles décrivent les personnes qui ont demandé un devis, pas l’ensemble des retraités français. Elles éclairent pourtant une question que se posent beaucoup de lecteurs : est-ce que comparer vaut la peine ?
De 81 à 141 euros par mois : l’âge fait la cotisation #
Le premier enseignement porte sur le tarif. D’après le baromètre, la cotisation mensuelle moyenne est de 81,26 euros entre 55 et 59 ans. Elle monte à 141,16 euros à partir de 85 ans, soit une hausse de 73,8 %. Sur une année, le budget passe ainsi de 975 euros à 1 694 euros, comme le détaille Économie Matin.
Le courtier indique que ses moyennes rejoignent, à 3 % près, la référence publiée par la DREES pour les plus âgés. L’écart s’explique simplement. Quand on est salarié, l’employeur finance au moins la moitié de la mutuelle collective. À la retraite, on paie seul un contrat individuel dont le prix suit l’âge.
Ce que cela pèse pour un couple
Pour un couple de retraités assurés chacun sur un contrat senior, l’écart se multiplie par deux. C’est souvent à ce moment, quand l’avis d’échéance arrive en fin d’année, que la question du changement se pose vraiment.
155 euros d’économie, et pourtant la majorité ne bouge pas #
Le deuxième enseignement est le plus étonnant. Sur 1 326 contrats où la comparaison a été possible, un senior qui change de complémentaire économise en médiane 155 euros par an. Pourtant, entre 70 % et 76 % des personnes qui ont demandé un devis ne donnent pas suite, quel que soit le budget qu’elles annoncent.
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Le groupe Hueber résume ce paradoxe ainsi : « le budget pèse moins que l’âge dans la décision de changer de contrat ». Plusieurs freins jouent : l’attachement à l’assureur historique, la crainte de perdre une garantie dont on a besoin, ou la lourdeur supposée des démarches.
À l’inverse, ceux qui se décident ne traînent pas : 77 % des contrats du baromètre ont été signés le jour même du premier contact. Une fois le devis comparé, la décision est rapide.
69 ans, l’âge où l’on change le plus #
Le courtier relève que 69 ans est l’âge le plus fréquent au moment du changement de mutuelle. Après 75 ou 80 ans, les assurés changent de moins en moins souvent, alors que c’est justement l’âge où les cotisations sont les plus hautes.
Le baromètre montre aussi de forts écarts entre les régions. Le taux de changement atteint 10,75 % en Nouvelle-Aquitaine, plus du double de la Corse (4,88 %).
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Changer de contrat : ce que dit la règle #
Changer est plus simple qu’avant. Depuis le 1er décembre 2020, un contrat individuel de complémentaire santé peut être résilié à tout moment après un an d’ancienneté, sans frais ni pénalité. La résiliation prend effet un mois après que l’organisme a reçu la demande, comme l’expliquait le ministère de l’Économie au moment de l’entrée en vigueur de la réforme. Dans la plupart des cas, c’est le nouvel organisme qui se charge des démarches.
Avant la première année, il faut un motif reconnu, par exemple un déménagement ou un changement de situation familiale. Pour les retraités qui ont gardé leur contrat d’entreprise grâce à la loi Évin, il vaut mieux comparer le tarif actuel avec une offre individuelle : les hausses autorisées les premières années après le départ de l’entreprise rendent souvent cette comparaison utile.
Comparer à garanties égales
Une économie n’en est une que si les remboursements restent adaptés. Avant de signer, comparez poste par poste : hospitalisation, optique, dentaire, aides auditives et dépassements d’honoraires. Ce sont les postes qui comptent le plus après 60 ans. Vérifiez aussi dans les conditions générales s’il y a des délais d’attente avant certains remboursements, ainsi que la date d’effet du nouveau contrat, pour ne pas rester sans couverture entre les deux.
Notre lecture #
Ce baromètre ne remplace pas une statistique nationale, mais il confirme ce que montrent les devis au quotidien : à la retraite, la fidélité à un contrat se paie. Avec des tarifs qui suivent l’âge, comparer une fois par an, au moment de l’avis d’échéance, est un réflexe simple. Il vaut d’autant plus pour ceux qui ont passé 70 ans et n’ont jamais revu leur contrat.
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